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Enquête comparative : le temps de travail vu par 1000 salariés français et allemands

Aude Creveau

D’après-vous, qui travaille le plus des Français ou des Allemands ? Qui fait le plus d’heures supplémentaires et qui consulte le plus ses mails en dehors des heures de bureau ? Autant de questions qui aident à mieux comprendre le rapport au travail des deux côtés du Rhin mais poussent également à s'interroger sur l'opportunité pour les salariés et les employeurs d'assurer un meilleur suivi du temps de travail.

Un an après l’arrêt prononcé par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)* sur l’obligation d'enregistrer les heures de travail en entreprise, et dans un contexte de crise sanitaire qui voit le travail à domicile s'imposer, kiwiHR s’est penché sur la question du temps de travail des salariés français et allemands. *Arrêt du 14 mai 2019 de la CJUE aff. c-55/18

Au total ce sont 295 femmes et 205 hommes salariés français et 275 femmes et 225 hommes salariés allemands qui ont répondu à nos 17 questions sur le thème de la durée du temps de travail, des heures supplémentaires et de la déclaration des heures travaillées. *Pollfish, janvier 2020.

Dans ce qui suit, nous avons énuméré toutes les questions posées. Voici les résultats de l'enquête en détail. 

Découvrez ce sur quoi les Français et les Allemands s’accordent et ce sur quoi ils diffèrent.

En théorie les Français travaillent 2 semaines de plus par an que les Allemands

Contre toute idée reçue, la moyenne contractuelle du temps de travail des Français ne tourne pas autour des 35 heures, et non les Allemands ne travaillent pas tous 40 heures par semaine. En effet, selon leur contrat de travail, les Français interrogés travaillent 38,2 heures par semaine, contre 36,6 heures pour les Allemands. Soit une différence de 1,6 heure par semaine. Ce qui fait que, contractuellement, les Français travaillent 2 semaines de plus par an que les Allemands !

De l’autre côté du Rhin, on observe 4 heures d’écart entre les hommes et les femmes. Une différence sur la moyenne qui peut s’expliquer par le système des mini-jobs (ou travail à temps partiel) qui concerne plus les allemandes que leurs homologues masculins. En France les salariés des deux sexes semblent avoir des contrats de travail relativement similaires avec une légère différence de 30 minutes en plus pour les hommes.

Mais en réalité, c’est en Allemagne que l’on travaille plus !

En revanche, à la question “Combien d’heures par semaine travaillez-vous réellement ?”, force est de constater que la durée du temps de travail hebdomadaire attendue contractuellement n’est pas conforme à la réalité. Selon les réponses de nos sondés, les Allemands travaillent en moyenne 37,9 heures par semaine, ce qui signifie qu'ils travaillent 1,3 heure de plus par semaine que la durée convenue dans leur contrat de travail.  

A l’inverse, les salariés français travaillent en moyenne jusqu'à 1,5 heure de moins par semaine que prévu dans leur contrat avec 36,7 heures hebdomadaires. Soit in fine un différentiel de 1,2 heure de travail supplémentaire pour les salariés allemands.

Par ailleurs, alors que l'homme allemand travaille 38,9 heures et la femme allemande 37 heures par semaine, soit une différence de 1,9 heure, cet écart est beaucoup plus important en France : le Français travaille en réalité 39,4 heures et la Française véritablement 35,5 heures par semaine. Cela fait une différence de presque 4 heures entre les deux sexes.

De plus, si nous regardons là où la différence entre le contrat et la réalité est la plus grande, nous pouvons clairement voir que les femmes allemandes sont celles qui travaillent le plus avec 2,3 heures par semaine de plus que prévu dans leur contrat d’embauche. Les hommes allemands, selon leurs propres déclarations, travaillent exactement autant que ce qui est stipulé dans le contrat - à savoir 38,9 heures/semaine. Les Français ne travaillent que 0,9 heure de plus alors que les Françaises travaillent 2,5 heures de moins que ce qui est stipulé dans le contrat !

Un tableau intéressant peut également être dressé pour les deux pays si l'on examine les heures réelles par semaine en fonction de la taille des entreprises.

Ce schéma nous montre que les salariés des PME de 26 à 50 salariés sont les plus actifs dans les deux pays européens. En moyenne, les salariés de ces PME travaillent près de 44 heures par semaine en Allemagne et 38,1 heures par semaine en France. Ces travailleurs sont suivis de près par leurs collègues des entreprises allemandes de taille 101-250 avec 42,9 heures par semaine. Pour les Français, ce sont les entreprises de 501 à 1 000 salariés qui sont presque à égalité avec les PME de 26 à 50 salariés avec une moyenne de 38,2 heures de travail par semaine.

Cette analyse nous montre également que les heures travaillées par les salariés allemands varient de 31,4 à 44 heures. Par exemple, les personnes qui travaillent dans des entreprises de 6 à 10 personnes travaillent en tout 12,6 heures de moins que leurs collègues qui travaillent pour des PME de 26 à 50 salariés avec leurs 44 heures hebdomadaires. 

La France affiche des moyennes plus homogènes pour l’ensemble des salariés avec des fluctuations plus faibles qui se situent entre 35 et 38,2 heures.

Les Français aimeraient travailler 32,6 heures par semaine

Les travailleurs des deux pays sont en revanche d'accord sur une chose : ils veulent travailler moins que ce qui leur est demandé sur leur contrat de travail.

Les Français aimeraient travailler 4,1 heures de moins par semaine par rapport à ce qui est indiqué dans leur contrat de travail et les Allemands 3,3 heures de moins.

Ce qui est surprenant dans les résultats de notre étude, c'est que les femmes allemandes dont le temps de travail souhaité est de 35,8 heures par semaine sont clairement les plus motivées au labeur par rapport aux 31,7 heures hebdomadaires souhaitées par leurs voisines françaises. Elles souhaitent également travailler 3,6 heures de plus que leurs compatriotes masculins. 

39% des Allemands souhaitent travailler plus de 35h par semaine

75% des Français aimeraient travailler moins de 35 heures par semaine et 39% d’entre-eux souhaiteraient même travailler moins de 30 heures. Contrairement à leurs voisins, 1/10ème des salariés français seulement voit le mi-temps comme la semaine de travail idéale.

En revanche, 39% des Allemands préféreraient travailler plus de 35 heures par semaine contre 25% des Français.

90 % des salariés interrogés déclarent faire des heures supplémentaires

Pour quelles raisons ?

Travailler plus pour gagner plus, un slogan toujours d’actualité pour les Français.

La première raison citée par les salariés français quant à leur motivation à faire des heures supplémentaires est très claire : arrondir les fins de mois. Ils sont en effet 43% à déclarer avoir besoin de gagner plus d’argent contre seulement 25% des Allemands.

Par ailleurs, la seconde motivation montre le poids de l’influence hiérarchique et du présentéisme en France puisque près d’un tiers des employés (30%) fait des heures supplémentaires en vue d’obtenir plus de reconnaissance de leurs supérieurs ;  contrairement aux Allemands qui ont moins l’habitude de faire des heures en plus pour être bien vus de leurs responsables (18%). 

Alors que c’est la raison n°1 pour les Allemands (39%), les salariés français sont moins nombreux (30%) à faire des heures supplémentaires par manque de temps pour finir leur travail. 

En revanche, les salariés français et allemands semblent s’aligner en ce qui concerne la “politique des heures sup’” de leur entreprise puisqu’ils sont respectivement 27% et 24% à travailler plus longtemps pour faire comme les autres.

Enfin, si 30% des Allemands sont motivés pour travailler plus en vue de gagner des jours de congés supplémentaires, cette raison est citée en dernier pour les employés français (22%) qui semblent être satisfaits de leur sort avec 5 semaines de congés payés et le régime des RTT en place pour certains.

Les femmes manquent de temps pour finir leur travail

Ici, il est intéressant de constater l’écart flagrant entre les Françaises et les Allemandes. 45% des femmes allemandes font des heures supplémentaires par manque de temps pour finir leur travail contre seulement 29% des Françaises.

En moyenne les Allemandes travaillent 2,3 heures de plus par semaine par rapport à leur contrat de travail. Selon cette étude de l’OFCE, une des explications est qu’en Allemagne, les femmes travaillent davantage à temps partiel que les Françaises en raison notamment de leurs responsabilités familiales mais aussi de la politique allemande des mini jobs qui affecte plus les femmes que les hommes.

En France plus d'⅓ des salariés fait des heures supplémentaires pour coller à la culture de l’entreprise

Ne pas oser éteindre son ordinateur en fin d’après-midi par crainte d’entendre le sempiternel refrain “Tu prends ton après-midi ?” semble être une raison d’accumuler les heures supplémentaires pour 30% des hommes salariés en France. En revanche, seuls 21% des hommes allemands ont cité la culture d'entreprise comme raison de faire des heures supplémentaires. C'est donc la raison la moins importante pour les hommes allemands dans une comparaison directe entre les pays et les sexes.

Il est toutefois intéressant de noter que, toujours du point de vue du genre, le positionnement face à l'adaptation à la culture d'entreprise est inversé dans les 2 pays. En Allemagne, c'est une raison plus importante pour les femmes que pour les hommes alors qu’en France c’est le contraire.

30% des salariés français font des heures supplémentaires pour obtenir la reconnaissance de leurs supérieurs

Le sentiment de manque de reconnaissance au travail est-il un mal français? Alors que les experts s’accordent à dire que la reconnaissance au travail favorise l'engagement, la motivation et le bien-être du salarié, il semble que ce dernier soit prêt à cumuler les heures supplémentaires dans le seul but d’être gratifié par sa hiérarchie.

En effet, 31% des salariés français (hommes) font des heures supplémentaires pour cette raison contre seulement 14% des Allemands (hommes). L’idée se confirme aussi chez les femmes car 29% des salariées de l’Hexagone travaillent plus dans le but de se sentir reconnues par leurs supérieurs. A l’inverse, tout comme leurs collègues masculins, les Allemandes (22%) se sentent moins obligées de faire des heures additionnelles pour obtenir la reconnaissance de leur hiérarchie.

Les Allemands font des “heures sup’” pour gagner des jours de congés

"Si je travaille plus longtemps aujourd'hui, je peux partir plus tôt un autre jour ou même prendre une journée entière de congé via un repos compensateur" - telle semble être l'attitude d’une grande partie des Allemands à l'égard des heures supplémentaires.

36% des salariés masculins allemands interrogés ont ainsi expliqué pourquoi ils faisaient des heures supplémentaires. Les femmes allemandes étant plus concernées par le travail à temps partiel, seulement 26% d’entre elles travaillent plus pour bénéficier de jours de congés.

Par ailleurs, la politique des RTT appliquée en France peut expliquer un intérêt moindre des salariés français à compenser leurs heures supplémentaires contre des jours de congés. 

Près de 50% des Français veulent travailler plus pour gagner plus

"Travailler plus pour gagner plus" semble être la principale motivation des Français pour faire des heures supplémentaires (44%) alors qu’elle n’arrive qu’en 4ème position pour nos voisins européens. En effet, seuls 26% des Allemands font des heures supplémentaires pour recevoir une compensation financière en retour.

Il existe également des différences entre les hommes et les femmes dans les deux pays. Les hommes allemands travaillent davantage pour gagner plus (27 %) que les femmes allemandes (25 %). En France, on remarque une plus grande différence entre les hommes et les femmes, mais ici aussi les hommes travaillent plus (47 %) que les femmes (41 %) pour être rémunérés en heures supplémentaires.

Les salariés pensent être productifs au travail entre 6 et 8 heures par jour !

Saviez-vous que le corps humain "s'assoupit" toutes les 90 minutes pendant environ 20 minutes ? Bâillements, paupières lourdes, ralentissement de la pensée... sont autant de signes d'une concentration difficile et donc d'une productivité moindre. 

2h53 : c'est la durée moyenne pendant laquelle un employé est productif au travail s'il travaille 8 heures par jour. C'est le résultat étude britanique d'une portant sur la productivité au travail. Cependant, nos répondants voient les choses différemment et estiment que leur productivité quotidienne est nettement plus élevée.

En effet, une nette majorité des salariés français (61%) et allemands (54%) ont déclaré être réellement productifs pendant 6 à 8 heures par jour ! Seuls 6% des salariés allemands et 4% des français semblent avoir une idée réaliste de la durée pendant laquelle ils peuvent être réellement productifs au travail, ce qui est conforme aux résultats de l'étude mentionnée ci-dessous.

Contrairement à une idée reçue, les Français déjeunent plus vite que les Allemands !

Déjeuner sur le pouce derrière le bureau ou véritable pause méridienne ? On imagine les Français prendre leur temps autour d’un déjeuner… et pourtant en moyenne ce sont les Allemands (41,7 minutes), et plus précisément les Allemandes qui s’attablent plus longuement avec 46 minutes en moyenne contre 42,3 pour les Françaises et 36,7 minutes pour les salariés français.

Bon à savoir : la pause déjeuner fait partie du temps de pause légal. La loi française ne prévoit pas de pause déjeuner distincte. La période de restauration doit être prise sur le temps de pause quotidien. L'employeur est donc en droit de n'accorder que 20 minutes de pause restauration par jour.

Les Allemands sont les plus connectés en dehors des heures de bureau 

Si les salariés français sont déjà nombreux à consulter leurs emails professionnels en dehors des heures de travail (44%), ils le sont pourtant moins que leurs voisins allemands. En effet, ces derniers sont 18% plus nombreux (62% exactement) à se reconnecter à leur messagerie professionnelle une fois la journée de travail officiellement terminée.

On remarque aussi que ce sont les employées allemandes qui font grimper ce chiffre puisqu’elles sont 69% à vérifier leurs emails soirs et week-ends contre seulement 55% des hommes allemands. En France, la tendance s’inverse. Ici ce sont les hommes qui ont plus de mal à se déconnecter (47%) contre 39% des femmes.

Les femmes passent plus de temps à vérifier leurs e-mails en dehors des heures de travail

Les salariées françaises consultent leur messagerie professionnelle 10 minutes de plus chaque jour que leurs homologues masculins, soit 32 minutes en moyenne. Cela est pourtant largement en dessous du temps d’extra-connexion de leurs voisines allemandes qui passent en moyenne 1h08mn par jour à vérifier leur emails professionnels une fois une sorties du bureau. Ces chiffres vont dans le sens de la question n°4 “Pourquoi faites-vous des heures supplémentaires?” où 45% des Allemandes déclarent devoir manquer de temps pour finir leur travail.

Seuls 48% des salariés français enregistrent leur temps de travail 

Le 14 mai 2019, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a décrété que « Les États membres doivent imposer aux employeurs l’obligation de mettre en place un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier effectué par chaque travailleur ». 

Au premier abord, la France, dont le code du travail impose déjà un décompte quotidien de la durée du temps de travail de chaque employé (par enregistrement, selon tous moyens, des heures de début et de fin de chaque période de travail ou par le relevé du nombre d’heures de travail accomplies) ne devrait pas se sentir concernée par cette volonté de la CJUE. Pourtant, lorsque l’on constate que seulement 48% des salariés français des entreprises de moins de 1000 salariés décomptent leurs heures de travail de manière obligatoire, on peut penser que cet arrêt de la CJUE ne manquera pas de faire évoluer la situation.

L’Allemagne est quant à elle bonne élève puisque 72% des salariés interrogés affirment devoir enregistrer leurs heures de travail de manière obligatoire. Par ailleur, il est intéressant de noter que des deux côtés du Rhin, une partie des salariés consigne son temps de travail pour sa propre information (22% en France et 15% en Allemagne).

Plus d’ ⅓ des salariés enregistre ses heures sur formulaire papier

Les personnes qui ont répondu à la question n°9 en indiquant enregistrer leurs heures de travail, ont été interrogées sur la manière dont elles le font et si elles trouvent cela compliqué ou non. Si la badgeuse est encore le système favori de suivi des temps de travail dans les deux pays, il est étonnant de voir que le formulaire papier arrive en seconde position (respectivement 34% et 32% des employés français et allemands), loin devant les logiciels de suivi de temps et même devant les formulaires de type Excel qui ne sont utilisés que par 1/10ème des employés. 

Alors que plus de la moitié des salariés français ne pointe pas encore de manière obligatoire (52%) et que les entreprises sont en route vers la digitalisation RH, il est fort à parier que les logiciels RH de saisie des temps représentent l’avenir des outils de décompte du temps de travail en remplacement des formulaires papiers. 

De manière générale, et quelle que soit la méthode, la majorité des salariés ne considère pas d’ailleurs que l’enregistrement du temps de travail soit une chose compliquée et est même plutôt favorable à la mise en place obligatoire de cette mesure.

Plus de 70% des salariés sont pour le suivi du temps de travail obligatoire

Selon l'arrêt de la CJUE, l'enregistrement des heures de travail est donc maintenant une obligation. Mais quelle est l'opinion des personnes interrogées dans les deux pays européens ?

Le résultat est sans appel, les ¾ des employés français et allemands sont clairement en faveur de cette obligation (74% et 71%). Un examen plus approfondi des personnes qui ont voté "oui" révèle que ce sont principalement les femmes des deux pays qui plébiscitent le plus cette mesure : 77% des Françaises et 78% des salariées allemandes contre 70% et 61% de leurs homologues masculins.

62% des salariés estiment que l'enregistrement du temps de travail améliore la productivité

Il existe plusieurs moyens d'accroître la productivité au travail : planifier des projets, éviter le multi-tâches, définir des objectifs, organiser ses dossiers, prendre des pauses régulières… Mais aussi : mieux évaluer son temps de travail. C’est en tout cas ce que pensent à égalité 62% des sondés français et allemands.

En effet, les systèmes de gestion des temps permettent d’optimiser le temps alloué à chaque tâche en mesurant les heures passées sur celles-ci.

Les employés ont ainsi une meilleure vue d'ensemble de leurs activités et du temps qu'ils consacrent par exemple à des tâches improductives ou du temps qu'il faut réellement consacrer à la mise en œuvre d'un projet. Les chefs d’équipes en tirent également profit lors de la planification de projets futurs. En outre, ils peuvent alléger la charge de travail des employés et augmenter leur productivité en automatisant certaines tâches récurrentes. 

Le suivi des temps de travail permet la compensation des heures supplémentaires

La transparence sur les heures supplémentaires est un avantage certain de l’enregistrement du suivi des temps de travail. C’est d’ailleurs un conflit au sujet d’heures supplémentaires non comptabilisées et non rémunérées entre un employeur allemand et ses employés en Espagne qui est à l’origine du décret de la CJUE rendant obligatoire le suivi du temps de travail journalier effectué par chaque travailleur.

Ce sont donc 74% des Français et 85% des Allemands qui pensent que l’enregistrement des temps de travail est bénéfique aux employés puisqu’il facilite la rémunération de leurs heures supplémentaires.

Cette mesure est-elle perçue comme un outil de contrôle ?

Malgré leur volonté d’instaurer de manière obligatoire l’enregistrement du temps de travail dans l’entreprise pour les avantages cités ci-dessus, les salariés n’en  pensent pas moins que cette mesure est aussi un outil de surveillance mis en place par l’employeur pour mieux les contrôler. 

Même si la différence n’est pas de taille, notons que les Français sont 75% à le penser contre 67% des Allemands.

On note que les Allemands ont une opinion légèrement différente sur la question lorsque l’on interroge séparément les hommes et les femmes. En référence à la question n°12, si les Allemandes sont les premières à plébisciter l’enregistrement du temps de travail obligatoire (78%) elles sont aussi plus nombreuses que leurs compatriotes masculins à penser que cette mesure est un outil de surveillance au service des employeurs.

En France, les répondants sont du même avis : 74% des hommes et 75% des femmes considèrent que l'enregistrement du temps de travail a été introduit pour les surveiller. 

1 Français sur 2 pense que l’enregistrement du temps de travail réduit les conflits internes

Bien sûr le suivi des temps de travail n’est pas la réponse à tous les maux d’une entreprise mais l’on peut penser que la transparence que ce système procure, apaise certaines tensions entre la direction et les employés mais aussi entre les salariés eux-mêmes. 

En effet, avec un tel système, la frustration des employés qui font des heures supplémentaires sans compensation en retour n’a plus lieu d’exister puisqu’il suffit de brandir sa feuille de temps pour prouver ses heures à son employeur.

Un système de suivi des temps évite aussi le ressentiment générateur de conflits entre collègues par exemple vis-à-vis de ceux qui ont tendance à arriver systématiquement en retard ou qui prennent des pauses déjeuner plus longues que la moyenne. 

Le suivi des temps de travail : une mesure bénéfique pour tous ?

L’opinion générale montre que l’enregistrement du temps de travail est un système avantageux à la fois pour les employeurs, certes, mais aussi pour les employés. En France, ils sont 50% à penser que le suivi du temps de travail est bénéfique à l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Si seulement 37% des Allemands partagent cet avis de bénéfice commun, ils sont en revanche plus nombreux que les Français (24%) à penser que le décompte des heures de travail est tout d’abord un avantage pour les salariés. 

Ces chiffres nous montrent également que l’enregistrement des temps de travail est un vrai sujet pour les entreprises puisque seulement 1,5% des interrogés ne voit aucun intérêt à mettre un tel système en place.

Conclusion

Sans surprise, les Allemands semblent être plus enclins au travail que les salariés Français, mais la différence n’est pas de taille. Si les salariés allemands travaillent en moyenne 37,9 heures /semaine, il n’en reste pas moins que les Français travaillent 36,7 heures /semaine, soit plus que les 35 heures de travail hebdomadaires définies par le cadre légal français.

Entre Français et Allemands, la différence se fait donc surtout sentir lorsqu’on aborde le sujet des heures supplémentaires. En effet, la première motivation des salariés français à faire des heures supplémentaires est de gagner plus d’argent en fin de mois. Une raison qui s’explique entre autre par un coût de la vie plus cher en France qu’en Allemagne malgré un SMIC pourtant plus élevé (10,03€/heure en France contre 9,19€ en Allemagne en 2019). 

Les Allemands aiment troquer leurs heures supplémentaires contre des jours de congés, mais s’ils travaillent plus, c’est en premier lieu par manque de temps pour finir leur travail. Ce fait concerne d’ailleurs majoritairement les femmes allemandes qui sont les plus nombreuses à travailler à mi-temps. Ce sont également celles qui consultent le plus leurs emails professionnels en dehors des heures de bureau.

Mais quelle que soit la raison de faire des heures supplémentaires, ce sondage nous montre surtout l’importance du décompte des heures travaillées aux yeux des salariés. Il est intéressant de noter que les salariés des deux pays sont en grande majorité (+70%) en faveur d’une mesure obligatoire dans les entreprises. En effet, Français et Allemands y voient des avantages importants tels que la compensation des heures supplémentaires, la hausse de la productivité et la réduction des conflits en interne. 

L’arrêt du 14 mai 2019 de la CJUE aff. c-55/18  au sujet de l’enregistrement des temps de travail obligatoire dans les entreprises des Etats membres de l’Union Européenne va donc dans le sens des salariés. En obligeant les employeurs de l’UE à mettre en place un système de mesure du temps de travail journalier, la CJUE veut s’assurer que toute heure travaillée est rémunérée ou compensée. 

Si l’on s’en réfère aux réponses des salariés interrogés pour ce sondage en janvier 2020, en France, seuls 48% des employés des entreprises de moins de 1000 salariés sont obligés d’enregistrer leurs heures de travail contre 72% des employés allemands. Pourtant, le code du travail français impose déjà un décompte quotidien de la durée du travail de chaque salarié. Misons que la nouvelle décision européenne incitera les employeurs à se conformer à la règle.

Quant à la méthode d’enregistrement, l’UE n’impose rien en particulier. En effet, la CJUE laisse aux États membres le soin de choisir les modalités de mise en œuvre du système de mesure du temps de travail journalier : registre papier, application informatisée, badgeuse, etc. L’important étant de favoriser des systèmes transparents, efficaces et conformes aux droits des salariés, ce afin de ne pas s’imposer comme des outils de contrôle mais comme de réels appuis.

Et si aujourd’hui encore plus d’un tiers des salariés saisit ses heures de travail sur formulaire papier, gageons que la simplicité d’utilisation et la transparence apportées par les nouveaux logiciels RH en ligne poussera à l’avenir les employeurs à adopter de plus en plus ce type de solutions modernes et mieux adaptées aux enjeux actuels.

Consultez les principaux chiffres dans ces infographies :

Infographie 1 : Le temps de travail en entreprise France / Allemagne

Infographie 2 : Le suivi du temps de travail en entreprise France / Allemagne

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